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PEARL HARBOR


L'armada japonaise s'était réunie dans les îles glaciaires japonaises des Kouriles, une zone coupée du monde. L'armada était composée de 31 navires comprenant 6 porte-avions, 3 croiseurs, 9 contre-torpilleurs, 2 cuirassés, 3 sous-marins et enfin 8 pétroliers. Le navire amiral de l'armada était le porte-avions Akagi. Le 26 novembre 1941, les navires quittaient les Kouriles en direction de l'île pacifique d'Oahu.

Par une mer forte, le convoi emprunta des routes maritimes préalablement testées et qui s'avérèrent désertes. Il ne fallait en aucun cas que cette puissance armada fût repérée alors qu'elle se trouvait loin des eaux japonaises. Le premier évènement du voyage survint lors du premier ravitaillement en carburant, le 28 novembre. La mer houleuse rendit les manœuvres des pétroliers rendirent les opérations très délicates et les incidents tuèrent une dizaine de marins.

A bord, les aviateurs et hommes d'équipages émettaient de nombreuses hypothèses quant à leur destination qui, pour des raisons de sécurité, leur demeurait cachée. Nagumo (responsable des opérations) craignait lui que le convoi fût repéré, plusieurs fausses alertes troublèrent d'ailleurs le voyage. Le 2 décembre, Nagumo reçut par radio le message suivant :"Gravissez le Mont Niitaka" qui signifiait que l'attaque était maintenue. Un second message apporta la date de l'opération qui était fixée le 8 décembre (soit le 7 décembre à Hawaï). Il fut alors expliqué aux pilotes leur destination ainsi que leurs cibles. Chaque pilote dut ainsi mémoriser la silhouette de ses cibles.

L'armada se rapprochait un peu plus chaque jour de l'île américaine d'Oahu. Le 3 décembre, la flotte se situait encore à 1300km des côtes d'Oahu tandis que le 6 décembre, elle n'était plus qu'à 500 miles au Nord d'Oahu. Les sous-marins qui patrouillaient loin devant se trouvaient déjà en vue de l'île.

La priorité des japonais était alors de conserver la surprise totale avant l'attaque. Tout avait fonctionné à merveille jusqu'à présent mais le danger allait en croissant. Chaque jour, les espions japonais avaient apporté la liste des navires présents dans le port en y portant de fréquentes actualisations. Il apparaissait que les porte-avions ne se trouvaient pas au port... Cependant, tout semblait être le plus calme du monde, activité classique, pas de barrage de ballons, les programmes radios diffusent de la musique comme à leur habitude, aucune agitation des civils et pas plus des militaires qui en temps de paix dans ces îles pacifiques ne souffraient pas d'une féroce activité. Mais par la suite, de nombreux incidents auraient gâché l'effet de surprise, si nécessaire aux Nippons.

Le dragueur de mine américain Condor effectuait une banale patrouille autour de l'île lorsque l'officier de quart aperçut une vague suspecte à 3h42. Il appela alors d'autres marins et ils conclurent à un périscope de sous-marins immergés. Il en fit part, par message radio, au Ward qui patrouillait un peu plus loin. Le commandant, dont c'était la première patrouille, ne voulut prendre aucun risque et fit réveiller tout l'équipage afin qu'ils viennent observer les flots. Une heure plus tard, les hommes repartirent se coucher après de vaines recherches. Vers 5h30, le Condor envoya des informations erronées au Ward qui poussa ses recherches dans un secteur où le sous-marin ne s'était jamais trouvé. Vers 6h30, un hydravion repéra et attaqua le sous-marin et il communiqua au Ward que c'était certainement le sous-marin dont il avait entendu parler. Un rapport fut envoyé mais il n'inquiéta pas les autorités car en temps de paix, combien de fausses alertes furent émises lors d'attaques de bouées ou encore de baleinières que les marins prenaient pour des sous-marins...

Le second incident intervint se produisit vers 7h00. L'île d'Oahu avait récemment été équipée de 5 radars (dont celui d'Opana où se déroule l'incident) qui étaient reliés à Fort Shafter. Les radars ne fonctionnaient que de 4h à 7h du matin selon les nouvelles directives de novembre 1941. L'activité était quasi nulle ce matin là, mais les opérateurs d'Opana décidèrent de continuer les entraînements. Peu après 7h00, le radar afficha de nombreux contacts comme jamais cela s'était produit. Les opérateurs le crurent détraqués mais surveillèrent néanmoins les trajectoires de leurs contacts, cela était une véritable aubaine pour leur entraînement. Ils avertirent Fort Shafter de la situation où un lieutenant leur répondit "de ne pas s'en faire pour si peu..." Sur ces entre faits, le transport des opérateurs arriva et l'histoire fut là aussi close.

Les contacts enregistrés n'étaient autre que les avions de la première vague d'assaut japonaise emmené par le capitaine Fushida. Cette vague était composée de 48 bombardiers horizontaux, 51 bombardiers en piqué, 40 avions-torpilleurs et 43 chasseurs d'escortes soit un total de 182 appareils. A 7h55, ils arrivaient au-dessus de Pearl Harbor par un temps devenu clair.

Le plan, concernant la façon d'attaquer, avait été soigneusement établi. Il se divisait en deux hypothèses selon le facteur de surprise. Dans le cas "surprise", les avions-torpilleurs attaquaient les premiers, suivi des bombardiers puis des bombardiers en piqué; les chasseurs se contentant alors d'assurer la protection. Dans le second cas "surprise perdue", les bombardiers en piqué et les chasseurs prenaient les devants afin de neutraliser les défenses américaines, les avions-torpilleurs et bombardiers en vol horizontal attaquaient ensuite. Le code établi était que Fuchida lance une fusée noire pour le cas "surprise" et deux fusées noires pour le cas "surprise perdue".

Les Japonais avaient alors réussi à garder la surprise jusqu'à leur arrivée près d'Oahu mais ils ne savaient pas si leur approche avait été repérée ou non. Les incidents précédemment cités auraient alors pu changer le déroulement de l'attaque mais il n'en fut devant des américains décontractés, sur des îles paradisiaques, en temps de paix... Les appareils japonais de reconnaissance n'ayant transmis aucun rapport, Fuchida dut prendre seul sa décision. La radio américaine qu'il écoutait diffusait de la musique et aucun signe d'agitation n'était discernable. Tout semblait calme, comme un dimanche matin habituel.

La surprise semblait avoir été conservée. Fuchida lança alors une fusée noire pour activer le code "surprise" mais il s'aperçut que les chasseurs n'avaient pas vu son signal. Il lança alors une seconde fusée noire, que les chasseurs virent mais aussi les bombardiers en piqués qui comprirent alors : surprise perdue. Le plan si minutieusement préparé tourna quelque peu à la confusion mais ne perturba pas fondamentalement l'attaque.

La situation de Pearl Harbor avant l'attaque

L'aviation japonaise se scinda alors en plusieurs groupes en fonction des objectifs définis. Une première force se dirigea vers le port militaire de Pearl Harbor tandis que d'autres groupes se dirigeaient vers les terrains d'aviation de l'île : Ewa, Hickam, Bellow et Wheeler (épargné par la première vague). D'autres encore se dirigèrent vers divers objectifs stratégiques comme la base aéronavale de Konahoe ou la caserne de Shofiled où était basé les 24 et 25 ème d'infanterie.

Lors des premiers passages, les Américains crurent à des manœuvres ultra-réalistes, pourtant insensé un dimanche matin. Ils pestèrent avec force contre l'armée qui les réveillait à 8h00 un dimanche matin. En effet, des articles étaient parus peu auparavant rapportant des manœuvres impressionnantes de réalisme afin de préparer le soldat à un hypothétique conflit. Ce matin là, l'armée était allée jusqu'à peindre des cocardes rouges sur les avions tandis que les pilotes embarquaient des balles réelles... Et c'est seulement lors des premiers décès que certains réalisèrent qu'ils étaient véritablement attaqués.

au-dessus de Hickam, deux groupes japonais se regroupèrent, dévastèrent les infrastructures ainsi que les avions soigneusement alignés au sol dans l'esprit des mesures anti-sabotages. La même scène se produisit sur la base de Wheeler et sur le terrain d'aviation civil. La base aéronavale de Kaneohe fut réduite à néant en l'espace de quelques minutes, les seuls avions intacts étaient alors ceux en patrouille... A Ewa, 33 des 49 avions des Marines étaient détruits alors que non loin de là, les 24 et 25 ème divisions d'infanterie étaient durement secouées à Fort Shafter.

Dans le port, les marins s'apprêtaient à célébrer la cérémonie des couleurs pour 8h00. Beaucoup d'hommes dormaient cependant encore et les plus matinaux prenaient leur petit déjeuner. Les avions japonais arrivaient sur ces entre faits et découvrirent, couplés deux à deux, les cuirassés qui formaient une allée géante : "l'allée des cuirassés". Toujours selon les mesures anti-sabotages prises par Washington, les autres navires présents dans le port se trouvaient couplés de la même sorte. En l'absence de porte-avions, les cuirassés se trouvaient être les cibles prioritaires de la première vague japonaise.

Le Nevada se trouvait amarré seul au bout de l'allée puisque son voisin, le cuirassé Pennsylvania, se trouvait en cale sèche. Dès 8h00, le Nevada est atteint d'une torpille au milieu du bâtiment, qui prends alors un peu de gîte. Dans les minutes qui suivirent, deux bombes au but endommagèrent modérément le navire. Un matelot du cuirassé réussit, par ailleurs, l'un des quelques succès de la journée en descendant un avion-torpilleur avec une mitrailleuse.

En avant du Nevada sont amarrés le cuirassé Pennsylvania ainsi que le navire-atelier Vestal. Bien que ce dernier soit du côté du port, l'Arizona reçut une torpille à l'arrière qui causa beaucoup de dommages en plus des nombreuses bombes qui pleuvaient sur le navire... Huit minutes plus tard, l'Arizona explosa violemment en tuant sur le coup 1000 marins. L'onde de choc se répercuta sur le Vestal et même sur les appareils nippons.

L'Arizona en flamme

Amarré sur le flanc du cuirassé, le navire-atelier Vestal encaissait les bombes qui manquaient le cuirassé. Avant que ce dernier n'explose, les marins prirent la décision commune d'abandonner le navire qui ne possédait aucun moyen de défense approprié en raison de sa fonction. Mais à ce moment, le commandant arriva sur le navire et l'équipage dut ré-embarquer et tenir son poste. L'explosion de l'Arizona tua plusieurs membres du Vestal et ordre fut donnée de le désamarré du cuirassé. Un remorqueur conduit alors le navire en lieu sur où il attendit la fin des évènements. Son gîte de l'arrière, orchestré par les bombes japonaises, ne s'accentua pas et il resta à flot.

Plus en avant se trouvaient les cuirassés Tennessee et West Virginia. Ce dernier encaissa six torpilles et il se mit rapidement à sombrer. L'équipage quitta alors précipitamment le navire sous une pluie de bombes, mais quelques marins eurent le courage d'inonder volontairement certaines cales du navire afin que ce dernier coule horizontalement. Cette opération fut un succès et elle permettrait de récupérer le navire lors d'éventuels travaux de renflouages ( la profondeur du port était de 14m...).

Le Tennessee était protégé des torpilles, grâce au West Virginia, mais le Tennessee reçut de nombreuses bombes qui l'endommagèrent sévèrement sans toutefois parvenir à le couler.

L'Oklahoma et le Maryland continuaient cette allée des cuirassés. L'Oklahoma se trouvait exposé aux torpilles, qui ne le ratèrent pas... Atteint dès le début de l'attaque par trois torpilles, il prit rapidement du gîte vers bâbord. Là, deux autres torpilles l'attinrent ainsi que des bombes de fort calibre. L'Equipage essayait alors de quitter le navire, opération rendue difficile voire impossible avec une inclinaison de 60°. En huit minutes, l'Oklahoma est totalement retourné.

En ce qui concernait le Maryland, il s'en tirait plutôt bien. Protégé des torpilles par l'Oklahoma qui faisait écran, il reçut deux bombes de gros calibres qui l'endommagèrent légèrement.

Un peu plus loin, Le California se trouvait amarré seul à l'île Ford. Il reçut deux torpilles à 8h05 et à 8h07. L'eau s'engouffra alors dans le navire et les hommes s'organisèrent tant bien que mal à secourir les blessés et à évacuer le navire qui s'enfonçait lentement dans le port, sous une pluie de bombes particulièrement meurtrière.

Le huitième cuirassé, le Pennsylvania, se trouvait en cale sèche avec les contre torpilleurs Cassin et Downes. Ils ne furent pas inquiétés par la première vague. Si cette dernière avait pour principal objectif de détruire les cuirassés, les quelques 90 autres navires présents dans le port ne furent pas épargnés. Le navire-cible Utah fut sévèrement endommagé par les Japonais qui l'avaient malencontreusement pris pour le porte-avions Saratoga. En effet, l'Utah était recouvert de longues planches qu'avaient placés les Américains pour amortir les chocs (que subit inexorablement un navire-cible). Vu du ciel, ces planches ressemblaient à une piste d'envol de porte-avions d'où l'amalgame. Le croiseur Raleigh ainsi que d'autres navires de moindres importances subirent également des dégâts mais d'une autre ampleur que ceux que ceux infligés aux cuirassés.

A 8h30, la première vague d'assaut se retira vers les porte-avions, bien souvent à court de munitions et avec une faible dose de carburant. Fuchida passa au-dessus du port enflammé et put constater avec joie les dégâts occasionnés. La première vague ne déplorait la perte que de neuf appareils dont 5 avions-torpilleurs. Ce bilan était infiniment plus léger que les estimations de l'Etat Major qui envisageait une perte de 50% des avions...

Durant le court intervalle entre les deux vagues, les Américains purent se ressaisir et s'attelèrent à la défense des navires et infrastructures encore intactes. Ils établirent également une ligne de défense le long des plages car après une telle attaque, un débarquement terrestre semblaient inévitables. Dans ce grand chaos, les hommes étaient plutôt excités d'avoir vécu leurs premiers combats et la hargne semblait se propager parmi eux...Pendant ce temps, les sous-marins de poche japonais n'eurent pas de répit. L'un d'eux fut coulé dans le port grâce aux efforts conjugués du Monoghan, du Curtiss et du Medusa. Un autre s'échoua devant l'entrée du port

Il régnait également une grande activité dans le ciel. Des forteresses volantes neuves arrivaient des Etats Unis après un vol de 14h sans interruption. Des matelots, dans la confusion, se mirent à leur tirer dessus. Il en fut de même pour le groupe de chasseurs provenant de l'USS Enterprise qui arrivaient au port après un long et heureux retard (son retour aurait du s'effectuer à 7h30, une demi-heure avant le lancement de l'attaque). Outre ces arrivées extérieures, deux pilotes (lieutenants Welch et Taylor) avaient pris l'air à bord de leur P40 et attendirent les évènements.

A 8h40, la seconde vague d'assaut fit son apparition dans les cieux d'Oahu. Elle se composait de 54 bombardiers, 80 bombardiers en piqué et de 36 chasseurs. Dès la première passe, trois avion-torpilleurs furent abattus par des américains, désormais prêts à livrer bataille

Dans le port, il régnait une grande agitation. Des navires tentaient de se mettre à couvert et à 8h50, il se produisit un spectacle insolite. Le cuirassé Nevada, bien qu'endommagé, se mit en route. En théorie, il faut plus de 2h30 à un cuirassé pour allumer ces quatre chaudières mais deux étaient prêtes avant le début de l'attaque nipponne. Il fallait également quatre remorqueurs et un commandant expérimenté pour sortir de Pearl Harbor. Le commandant était à terre et les remorqueurs ne se montrèrent point et pourtant le Nevada prenait résolument la direction de la sortie du port avec au commande le plus vieil officier du navire. Ce spectacle donna du baume au cœur aux marins américains.

Cette sortie ne laissa pas indifférent les Japonais. Les bombardiers en piqué foncèrent vers le cuirassé que l'on finit par ne plus apercevoir entre les fumées de son canon et les flammes causées par les bombes japonaises. Le cuirassé poursuivit sa route mais il fut prié par pavillon de quitter sa route car les Américains comprirent ce qu'espéraient les Japonais. Si ces derniers parvenaient à couler le Nevada dans le chenal de sortie, ce qui bloquerait ainsi toutes les manœuvres pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines...

D'autres appareils s'en prirent à la cale sèche où se trouvaient le 8ème cuirassé, le Pennsylvania ainsi que les contre-torpilleurs Cassin et Downes. Le commandant du Pennsylvania fit inonder la cale sèche de peur que les bombes japonaises ne le fassent trop brutalement... Toutes les bombes qui manquaient le cuirassé tombaient sur les deux contre-torpilleurs et le Cassin se coucha en flamme sur le Downes. Le Pennsylvania ne s'en tirait guère mieux, cumulant à de nombreuses avaries, un important incendie. Un peu plus loin, le Shown explosa très violemment vers 9h30 dans la cale flottante.

La cale sèche après le passage des japonais

Bien d'autres navires reçurent de moindres importances reçurent des dommages comme les croiseurs Raleigh, St Louis et Medusa ou encore le navire-auxiliaire Dobbin ou le navire-auxiliaire d'hydravions Curtiss qui abattit d'ailleurs 3 appareils ennemis.

Dans le même temps, trois croiseurs et une poignée de contre-torpilleurs se rassemblèrent devant l'entrée du port et ils attendaient la flotte de débarquement japonaise afin de faire le plus de dommage possible, tout en ayant conscience de leurs moyens limités..

La deuxième vague se pencha également sur le sort des aérodromes qui se trouvaient pourtant en piteux état. Les derniers hangars intacts de Hickam volèrent en éclat. Seul le terrain de Wheeler (absent des cartes japonaises) fut préservé et fut utilisé à bon escient par deux jeunes pilotes : les lieutenants Welch et Taylor. Ils prirent l'air à Haleiwa à bord de leur Curtiss P40 et se posèrent à 9h00 sur le terrain de Wheeler afin de faire le plein de carburant et de munitions. Ils décollèrent et descendirent deux chasseurs zéros. Un peu plus tard, ils se fondirent dans une formation de bombardiers en piqué attaquant Ewa et en descendirent quatre autres. Taylor, blessé, dut atterrir tandis que Welch ajoutait un chasseur zéro au palmarès. Leur exploit fut soutenu par le personnel de la base d'Ewa au prix de lourdes pertes.

A 9h45, les avions de la seconde vague se retiraient vers leurs porte-avions, là encore à court de carburant et de munitions pour la plupart. Quinze minutes plus tard, les Américains purent quitter leurs postes et organisés tant bien que mal les secours. La deuxième vague japonaise perdit 20 avions, la réaction américaine avait été violente. Voici le bilan de l'attaque sur Pearl Harbor :

Bilan humain américain
Appartenance Morts Blessés
Marine 2008 710
Marine 109 69
Armée 218 364
Civils 68 35
Totaux 2403 1178

Bilan matériel américain
Type Coulés/détruits Endommagés
Cuirassé 5 3
Croiseurs et autres 4 6
Avions armée 96 128
Avions marine 92 31

Bilan humain japonais
Appartenance Morts Capturés
Aéronavale 55 2
Marine 9 1
Totaux 64 3

Bilan matériel japonais
Type Coulés/détruits Endommagés
Aéronavale 29 ?
Sous-marin de poche 5 -

A court de carburant, les avions s'étaient enfuis vers leurs porte-avions (au nord) sans se soucier de brouiller les pistes. Pourtant les américains ne les trouvèrent pas au milieu d'une pluie d'ordres et contre-ordres qui arriva tout au long de la matinée. On signalait partout des navires japonais et chaque fois l'information était démentie. On alla même jusqu'à dire que le cuirassé Pennsylvania avait capturé deux porte-avions japonais et qu'il les remorquait jusqu'au port alors qu'il suffisait de jeter un oeil dehors pour voir le cuirassé dévoré par les incendies dans la cale sèche. La seule information fiable provenait du radar d'Opana qui signalait que les avions étaient partis par le nord, pourtant l'information ne fut pas exploité.

La même confusion régnait parmi les civils. Durant l'attaque, ils crurent fermement à des manœuvres de l'armée jusqu'à pester contre des pilotes américains qui tiraient à balles réelles et qui se feraient sûrement fâcher. Les médias (essentiellement la radio locale) finirent par les faire venir à la raison mais il y eut alors une crise d'espionnite. Le parachutage d'un équipage d'avion torpilleur donna lieu à un parachutage de 200 unités d'élites de l'armée nippone, des touristes japonais se promenaient sur la plage arriva aux oreilles des autorités comme de massifs débarquements ennemis.

Du côté japonais, le dernier avion se posa à 13h00. Il était revenus 324 appareils et donc beaucoup plus que ne l'envisageait Yamamoto dans son plan. A bord, les hommes étaient joyeux et prêts à repartir pour une troisième vague. De vives discussions s'étaient engagés à ce sujet mais l'Amiral Nagumo préféra la prudence et la flotte japonais se retira. L'opération avait été un succès, bien au delà des espérances.

Sur l'île d'Oahu, les américains se préparaient à riposter à une attaque terrestre des japonais qui apparaissaient comme inévitable. Les divisions d'infanterie de Shofield se déployait sur le nord de l'île tandis que des volontaires s'organisaient le sud de l'île avec les faibles moyens dont ils disposaient. Des armes de la première guerre mondiale firent d'ailleurs leur apparition. Inévitablement, ce climat de tension extrême donna lieu à des incidents et 4 appareils de l'USS Enterprise furent abattus en tentant de se poser.

Dans le port, les secours s'organisaient petit à petit. A l'évidence, de nombreux marins se trouvaient coincés dans les épaves et quelques dizaines purent être dégagés dans la journée et les jours suivants. Dans un des cuirassés, des hommes prisonniers survécurent jusqu'à la vieille de Noël sans que l'on ne puisse les dégager.

Le lendemain de l'attaque, le président Roosevelt se rendit au capitole pour y prononcer le discours d'entrée en guerre devant un peuple américain qui était resté jusqu'alors pacifiste et plutôt indifférent. Mais à présent, le sentiment était à la fureur et une profonde unité nationale se mit en place. L'idée de vengeance occupait tous les esprits. Après une brève allocution du président Roosevelt, les Etats Unis entraient en guerre contre le Japon.


En savoir plus : "Pearl Harbour" de Walter Lord

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