Nouvellement implanté en Californie, l’ingénieur en chef de Consolidated, Isaac Laddon, dispose de plus grands moyens et imagine alors un bombardier qu’il veut supérieur au B17. Il conçoit alors le Consolidated 32 et l’année suivante, l’USAAC s’intéresse à cet appareil. Une présérie de 7 appareils (YB-24) est commandée en mars 1939. Le 29 décembre 1939, le prototype du Consolidated 32, désigné XB-24, effectue avec succès son premier vol d’essai à Lindbergh Field.

Le B24 connut une multitude de versions depuis le XB24 de 1939. Pas de moins de 28 versions virent le jour et certaines eurent d’autres fonctions que le bombardement à long rayon d’action. Des liberators serviront de patrouilleurs maritimes, d’avions de transport (essence, personnalités) ou encore d’avions d’entraînement.

La production de B24 prend d’importantes proportions et des usines sont crées afin de suivre le rythme imposé par les différentes commandes. Les usines Consolidated de Tulsa et de San Diego sont réaménagées et agrandies, North American et Ford construisent des usines à Dallas et Willow Run pour assurer la production du quadrimoteur. Des versions sont produites en très importantes séries comme la version B24D avec 2738 exemplaires (hors versions transport) et le B24J qui fut produit à encore plus grande échelle.

Le B24 est un quadrimoteur de taille imposante mais jugé de faible esthétique par rapport à son homologue : le Boeing B17. Une longueur de 20.47m pour une envergure de 33.52m et une hauteur de 5.48m lui conférait une masse à vide de 16 560kg (masse en charge : 29 487kg). Entraîné par 4 moteurs Pratt & Whitney Twin Wasp R-1830-65 de 14 cylindres en étoile développant 1200ch, il atteignait une vitesse maximale de 480km/h. Ce bombardier à long rayon d’action disposait d’une autonomie de 3 380km. Technologiquement, l’appareil était en avance car il disposait d’un pilote automatique C1 et d’un viseur de bombardement M9.

Le B24J emportait une charge de 4 tonnes de bombes (jusqu’à 5.8 tonnes lors de missions à faible distance). L’armement défensif se composait de 10 mitrailleuses Browning .50 réparties de la façon suivante : 2 mitrailleuses dans la tourelle de nez (Emerson pour les 738 premiers exemplaires puis une tourelle A6 par la suite), 2 mitrailleuses dans une tourelle dorsale, 2 mitrailleuses en queue d’appareil – toujours en tourelle, 2 mitrailleuses en tourelles sous le fuselage puis deux mitrailleuses caudales situées dans les sabords latéraux. L’équipage se composait de 12 hommes dont la moitié faisait office de mitrailleurs.

A l’instar du B17, le Consolidated B24 oeuvra sur tous les fronts et se tailla une bonne réputation grâce à sa maniabilité, son train tricycle très apprécié des pilotes et également pour sa technologie avec le pilote automatique ouvrant de grandes possibilités. Les équipages lui reprochaient cependant de ne pouvoir encaisser que peu de dommage en vol. Bien que supérieur quantitativement, il resta cependant dans l’ombre des autres quadrimoteurs américains que sont le Boeing B17 et Boeing B29.

Excellent bombardier, le B24 fut produit à 18 188 exemplaires et 19203 exemplaires si l’on prend en compte les pièces détachées. Il servit jusqu’à la guerre d’Algérie où les français l’utilisèrent comme patrouilleur maritime.

Splendide oeuvre illustrant des B24 (auteur inconnu)

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